Le retrait (2005)

Il s’imagine le pire, mais le pire n’arrive jamais là où il l’attend. Au-dehors, il craint les catastrophes, à l’intérieur il est des plus serein. À l’intérieur, il ne dépend que de lui.

Il continue d’écrire, c’est-à-dire qu’il continue d’espérer le meilleur pour lui. Et le meilleur ce n’est pas ici la reconnaissance, mais la tranquillité d’esprit qui puisse lui permettre de continuer à dire ces petites choses qui n’ont l’air de rien

Avec les autres, il a ce mouvement de retrait nécessaire qui le rend réceptif aux confidences. Il ne s’impose pas, il se retire pour mieux recevoir.

Le secret est dans la retenue, simplement, la retenue contre les discours et les emportements de la parole.

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Le non-agir (2005)

Dans une sorte de méditation, je continue à ne rien forcer, à pratiquer le non-agir des Orientaux. Le non-agir n’est pas une non-action, mais une action qui suit le cours des événements. C’est agir sans aller à contre-courant.

La couleur renvoie à ce qui est humain dans un tableau. Elle apporte de l’émotion dans la peinture. Et l’émotion n’est pas ce sentiment précipité qui nous prend parfois, c’est plutôt ce qui se joue lentement en soi, mais qui module la perception, qui rend la perception et l’expérience texturées.

Par la couleur, le monochrome est loin d’être vide. Il est plein de quelque chose qui fait sensation. On a envie d’y toucher, d’y plonger, de s’y abîmer, d’entrer à l’intérieur du tableau. Il n’est pas coloré, comme on dit «c’est coloré». La couleur ne vient pas remplir une forme. Elle est toute là, pour elle seule.

La couleur seule porte à la contemplation. Elle participe du non-agir.