Résister (2017)

La peinture est une poésie visuelle. Rien au-delà. Rien en de ça. Tout est là donné au regard. Encore faut-il savoir regarder.

La culture ne vient pas d’une suite de concepts, d’idées ou de revendications sociales inscrits sur le cartel d’une œuvre d’art. Elle concerne l’être dans son rapport le plus profond à l’existence. Elle appelle une recherche individuelle.

On n’explique rien. On cherche et dans cette recherche quelque chose émerge qui fait penser, c’est-à-dire qui ouvre le champ de la sensibilité à quelque chose d’inédit et d’inespéré.

Il y a trop d’images, comme le dit si bien Bernard Émond. Ce qui s’oppose à l’image, c’est la visibilité qui tisse un lien très étroit avec l’invisible.

Cet invisible n’est pas d’une autre nature que le visible, il appelle un possible, un au-delà devant soi, une ouverture, un espace de liberté.

Aujourd’hui, résister, c’est préserver cet espace de visibilité et de liberté.

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La liberté du créateur (2016)

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Petits dessins sans prétention. 2016. Encre acrylique sur papier. 4,33cm x 3,54cm. Photo: Paul Litherland.

-Je n’ai rien. Je n’ai que la liberté pour exister et un corps pour respirer.

-Des amis ?

-Si peu.

-Pas de famille ?

-Avec distance et détachement.

-Tes œuvres ?

-Une fois réalisées, je ne retiens rien.

-Et le public alors ?

-Une adresse, vague, floue, sans image, vers laquelle tend la voix sans jamais l’atteindre complètement.

-Être libre, plus qu’être reconnue, c’est ce dont a besoin un créateur.

-La liberté ne vient-elle pas avec la solitude ?

-Avec le risque de la solitude assurément. Mais seule, on ne l’est jamais complètement quand on est créateur.

-Avec la solitude, vient les pensées les plus adéquates, les plus créatrices.

-Mais la solitude a une limite ?

-Un jour, il faut retourner vers le monde sans pour autant quitter complètement le retrait du solitaire.

-Être seule pour avoir la distance nécessaire pour être avec l’autre sans vouloir le posséder ou le contrôler.

-Et savoir que lorsqu’il y en a trop, on peut partir.

-Oui, on peut aller au bout du monde.

-Pour mieux y revenir.

-C’est là où commence l’éthique.