L’identité (2012)

Selon le psychanalyste Lacan, il ne saurait y avoir identité chez le sujet. Du moins, on ne pourrait dire que a = a. L’identité du sujet serait un faux problème, un problème mal posé. Le sujet se reconnaît comme UN à travers une chaîne de signifiants. Le signifiant n’est pas le signe de quelque chose pour un individu. Le signifiant est ce qui se laisse voir par exemple dans les multiples traits, tous différents, qu’a fait une personne sur un os à une époque préhistorique. Ces traits sont signifiants d’un sujet, mais on ne sait sont signe de quoi. Le signifiant peut aussi être ce qui apparaît dans la manière dont est faite une calligraphie chinoise par exemple. Le signe est reconnaissable, mais le signifiant, soit le geste du pinceau comme représentant d’une manière d’être sujet, lui, est singulier et ne saurait se reproduire. Le signifiant est dans la calligraphie, il n’est pas dans le signe de quelque chose. L’identité en conséquence n’est pas un plein immuable qui représenterait l’individualité de quelqu’un. En fait, il n’y a pas d’identité. Il n’y a que des signifiants. On peut reconnaître l’unité d’un sujet à travers la multiplicité des signifiants.

(Voir séminaire IX, 6 décembre 1961).

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Écrire le paysage #3 (2012), acrylique et médiums mixtes sur toile, 89 x 114 cm. Photo: Paul Litherland

Échapper à sa famille (2009-2010)

Le goût de fuir, de partir loin, de tout quitter, surtout les êtres familiaux. La préservation de soi est une lutte de chaque instant. Le peintre a sans cesse à tourner le dos au monde pour pouvoir trouver l’espace de solitude nécessaire à sa création. Sans solitude, il n’y a pas de véritable création. Et ce désir, voire ce besoin de préserver cet espace décevra toujours face à l’être familial qui demande à être rassuré dans sa crainte de se retrouver seul au monde.