Les carnets (2008)

Il pleut à verse.

« Défaite de soi. Se retirer, laisser parler; se retirer et laisser parler notre langue; se retirer et laisser parler les couleurs. Toute l’action du peintre, de l’acteur, du poète, est de se retirer de la peinture, du rôle, des paroles. Laisser peindre la matière et laisser penser les mots. » Novarina, Pendant la matière, p.124.

Un train passe, puis une voiture…

Je me laisse guider par le souffle de mes pas.

« Écrire avant d’avoir des idées; peindre avant que la pensée sèche. » Novarina, Pendant la matière, p.121.

L’amour m’indispose.

J’ai commencé à lire les carnets de André Major. Il raconte comment ses carnets ont été écrits à partir de ses pensées vagabondes autour du quotidien. Les carnets sont un diapason qui nous font réaliser ce qui est en train d’advenir au moment du dire en s’adressant à un autre, un lecteur éventuel.

J’entends ici le silence.

André Major mentionne également que le carnet est une façon de se mettre en scène. Dans cette mise en scène, il y a une certaine fausseté qui permet au propos d’être encore plus vrai.

La trop grande réalité d’une chose m’en éloigne. Dans toute chose, une part de rêve est nécessaire. Ce sont ces rêves qui continuent de nous faire espérer.

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Rose bonbon et jaune citron (2008)

Je cherche l’incongruité, l’inconfort dans la cohérence.

J’entre tranquillement à l’intérieur de quelque chose, les contours se définissent par la vie tranquille d’une journée pluvieuse.

Le rouge m’attire, le rose me révulse et je les mets côte à côte dans un dessin.

Sans y mettre une image, deux couleurs mises en relation suffisent à engendrer des expressions intimes.

Rose bonbon et jaune citron avec un gris bleuté. Une peinture d’Agnes Martin avec un gribouillage de Cy Twombly.

Je commence à entremêler des formes géométriques avec un mouvement gestuel.

J’aime les débordements, les moments où je découvre le nouveau là où je ne m’y attendais pas.