Pourquoi la peinture ? II (2017)

Éllipse bégonia, 2017. Acrylique sur toile. 5′ x 4′. Photo: Paul Litherland.

Comment font les autres se demandent-elle ? Comment font-ils pour simplement suivre le cours des choses sans continuellement se demander pourquoi elles courent ? Sans doute se demandent-ils également pourquoi elle, elle se pose la question ? Pourquoi s’en faire un problème ?

Le peintre ne sait pas d’où lui vient cette nécessité de peindre, il sait seulement qu’il ne peut pas faire autrement. D’ailleurs, s’il pouvait faire autrement, il le ferait, car être peintre c’est une lutte de tous les instants. Il doit sans cesse faire exister l’espace et le temps autour de cette activité qui le fait être. Il doit s’organiser entre le travail et les activités quotidiennes, voire familiales ou matrimoniales, pour faire exister cet espace et ce temps de la solitude devant un tableau.

Les regards extérieurs la trouvent bien compliquée, bien rêveuse, pas assez réaliste. Il faut bien gagner sa vie lui rappelle-t-elle. Mais elle, elle n’y arrive pas, car sans la peinture, elle ne sait pas pourquoi elle la gagnerait. C’est d’ailleurs quand elle doit gagner sa vie qu’elle éprouve le plus intensément la nécessité de la peinture. Ce serait tellement plus simple si elle pouvait simplement avoir un travail décent, nourrir ses enfants et reprendre indéfiniment le mouvement du quotidien. Elle n’arrive pas à se contenter de cette vie qui lui semble insensée. La peinture n’est pas un choix, c’est une nécessité.

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