L’abandon après la résistance (2005)

«La seule voie : l’abandon. L’abandon sans condition aucune, s’il est nécessaire de préciser. Quand je dis «Père», ce n’est pas moi qui dis «Père», c’est lui. (…)Je tremble. On ne peut pas abandonner sans trembler. Mais, quand c’est fait, on ne tremble plus. Et je sais que je n’ai même plus à raconter pourquoi je tremble, cela aussi, cela surtout faisant aussi partie de l’abandon.[1]»

L’abandon que je pratique vient d’une faille en moi, d’une non-coïncidence avec le monde. Je me glisse dans cette faille et les mots viennent, presque d’eux-mêmes. Mon être prend de l’expansion.

Tout part de ce sujet, d’un lieu trouble, là, à l’intérieur, d’une rencontre avec l’Autre qui n’est pas Dieu.

L’Autre me dépasse du sein du sujet. Il ne vient pas d’un autre monde.

Avant d’arriver à l’abandon, à cette sorte de transparence où les mots viennent presque d’eux-mêmes, je dois passer par une phase de résistance.

La résistance est une limite nécessaire.

Lorsque ça résiste, je m’arrête d’écrire, je prends une pause, j’attends en éveil que la parole revienne. Je reste attentive.

La résistance, dans l’acte lui-même, m’empêche de faire.

[1] Guay, Fragments…, p.63.

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