La noirceur comme prière (2005)

«Comment arrive-t-on à la croix, ou plus exactement à la montagne sur laquelle il y a la croix. Manifestement il n’y a pas de chemin. Plus précisément : en dehors de tous les chemins.[1]»

La croix, comme un lieu où on va par désespoir. Dans l’effort qui me mène à la croix, je me dépouille d’un trop plein. J’arrive en haut de la montagne et je peux voir à l’horizon le chemin parcouru. Là je vois le sens de ma démarche.

J’avance par petits pas, un et puis un autre jusqu’en haut, tranquillement, sans faire de bruits.

«Je viens de prier un peu. Selon mon habitude je ne prie toujours qu’un peu.[2]» En faire beaucoup à la fois cacherait le vide qui le porte.

« Elle était toute dans l’obscurité. Mais qu’est-ce que l’obscurité quand on circule dans sa propre maison. Rien de plus doux, rien de plus connu, rien de plus clair.[3]»

La noirceur d’un lieu connu peut être réconfortante. Pour simplement sentir les choses autrement, par la main au lieu de par la vue.

La croix est peut-être ce bout de bois auquel je m’accroche pour ne pas désespérer de tout.

Au départ on ne voit rien, c’est à force de tourner autour que quelque chose apparaît et surprend toujours.

 

[1] Guay, Fragments, déchirures et déchirements, Montréal: Les herbes rouges, 2004, p.62.

[2] Ibid., p.63.

[3] Ibid., p.64.

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