Mes petites boîtes (2005)

J’ai lu les journaux de Jean-Pierre Guay en désordre. J’ai commencé par le journal Un enfant perdu dans la foule pour ensuite lire Maman ; après, je ne sais plus. J’ai entremêlé les dates et la lecture n’a pas été modifiée.

Je ne sais pas si Jean-Pierre Guay commence à dérailler ou bien à jouer. Dans Mon ex aux épaules nues, il ne marque plus seulement les dates, il indique également les heures de la journée où il écrit. Il prend également note du lieu où il commence à écrire, de ce qu’il mange, de l’itinéraire de ses promenades à l’instant où il les fait. Il insère des mots envoyés à des amis, des lettres qu’il reçoit. Le journal est devenu une obsession et l’écriture une aspiration à retenir le temps qui passe.

Je ne me suis jamais représenté un journal. D’ailleurs, on m’a aussi dit que c’était un carnet. Je ne sais pas ce que c’est. Dire que c’est un carnet peut momentanément me rassurer. L’identification rassure toujours quelque part, même si c’est une fiction. Dans un journal, surtout dans un journal intime, on s’attend à ce qu’il y ait des tabous avoués, des paroles interdites. Ici, j’écris pour apprendre à me taire avec l’autre. Je fais de petites boîtes, comme celles que je faisais enfant. C’est mon espace intime, là où l’autre ne peut venir me déranger. Elles sont essentielles tout simplement parce qu’elles m’aident à vivre. Je viens ici jouer avec mes boîtes dans mon carré de sable.

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