Hésitation d’une trace (2005)

Je repense à ce rouge coquelicot. Puis avec le rouge, au blanc intégré dans ma peinture cet automne.

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Chorégraphie 6, 2005. Médium sur papier mylar. 236cm x 53cm. Photo: Guy L’Heureux.

Quelqu’un m’a dit que le rouge et le blanc étaient les couleurs du deuil pour les Chinois. Je ne savais pas. Il s’agit toujours de se dépouiller de quelque chose, de perdre ce à quoi on tient comme une garantie de sa sécurité pour peindre, pour écrire.

J’hésite à quitter ce rouge et ce blanc, je sens que je n’aurai pas le choix.

Les remplacer par une trace transparente qui se fonde avec la translucidité du papier, c’est le nouveau chemin que je pourrais emprunter. Je perdrais la trace opaque pour trouver une trace invisible devant laquelle le spectateur ne peut que se mettre en mouvement cherchant les traces du pinceau.

C’est par-delà l’opacité, la résistance, qu’on peut rejoindre la transparence.

Alors que devant les traces rouges et blanches, on voudrait reconnaître dans les traits une calligraphie chinoise ou arabe ; dans les traces transparentes, la calligraphie, comme signe, perd de son emprise et fait apparaître davantage le mouvement qui est à l’œuvre. On cherche moins le texte de la peinture, que son surgissement.

Le chemin à suivre se fait de l’intérieur d’une pratique, d’un sentiment, d’une nécessité qui dépasse toute forme d’explication théorique. Revenir à l’écriture, revenir à la peinture. J’hésite, je veux rester dans l’hésitation.

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