L’oubli de soi (2004)

Il y a un moment où l’être s’enflamme, où il oublie qu’il fait, il est tout simplement. Il ne sait plus ce qui lui arrive, même si tout se fait avec assurance. Le savoir est une condition, mais il n’est pas la fin dernière du geste. L’expérience arrivant à son terme, l’oubli est presque total. On ne parle plus de quelque chose, ni d’une parole, les mots ne viennent plus. L’être est muet parce qu’il est là, le temps d’un instant. Ça arrive, ça se fait, je ne suis plus là. Ça arrive et ça repart, puis plus rien. Les choses retrouvent leur place devant soi, l’espace redevient quelconque, je me rends compte du corps que j’habite et il reste la trace. Une trace que je sais être la mienne parce que je n’ai jamais perdu connaissance de ce qui se passait, bien que je ne sache comment ça se faisait. Elle est là devant moi comme un résidu ou bien peut-être encore comme un témoignage de l’événement qui s’est produit. Elle en est la marque. Qu’est-ce qu’elle devient une fois que le corps retrouve son état d’incomplétude, sa distance par rapport à tout ce qui l’entoure ? Qu’est-ce que cette trace du disparu ? Une question.

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