La résistance du poisson (2004)

Je n’agis plus, je me laisse agir. Je m’oublie comme sujet de l’action. Plongée dans l’indistinction des choses et de soi, je me défais de moi. Dans cet état qui ne dure qu’un instant, je participe à quelque chose de plus grand que moi, qui n’a aucune existence en dehors de moi. Je ne m’habite plus.

En rencontrant des résistances, je cesse de résister. Au lieu de durcir ma position et d’entrer dans une attitude combative, je me retire, je m’efface, je cherche ailleurs une ouverture. J’épouse la vague et les courants, comme un poisson. Quand ça résiste, c’est que je ne suis pas à la bonne place. Je préfère contourner l’obstacle, dévier mon chemin plutôt que de détruire une montagne. Les points de résistances deviennent alors nécessaires pour poursuivre la route et lui donner une couleur, une texture.

Ça ne peut arriver que si je laisse passer. Et pour laisser passer, il faut accepter que parfois ça ne passe pas.

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